24 février 2017 à 12:03
Rémi Lamerat à deux doigts
Une passe décisive manquée contre l'Angleterre, un essai refusé contre l'Ecosse. Rémi Lamerat ne veut pas manquer le rendez-vous contre l'Irlande.

Il fait partie des meilleurs trois-quarts centre tricolores, mais ne comptez pas sur lui pour vous le dire. L'humilité est son credo. « Je marche assez à la confiance », admet-il. C'est pour ça qu'il avait le moral un peu dans les chaussettes après la défaite de peu contre l'Angleterre en ouverture du Tournoi. Une des causes, une passe manquée à Nakaitaci qui aurait pu faire basculer le match, suite à un jeu au pied de Camille Lopez. « Cette passe je m'en veux beaucoup... Sur le coup, je ne le vois pas, je suis concentré sur la claquette de Gaël et je ne le vois pas. Grosse erreur d'appréciation », analysait-il après coup.
La semaine suivante, c'était un essai refusé sur la ligne contre l'Ecosse ; un ballon mal maîtrisé que les images repassant en boucle montrent avec une légère pression de l'auriculaire. Pas assez pour l'arbitre vidéo qui refuse l'essai. Cruelle loi des séries. « Il n'y a pas de joueur installé en équipe de France. On n'aura pas 50 000 chances non plus », dit-il comme pour souligner la chance qu'il a d'être dans ce groupe France mais aussi pour rendre la pareille à ceux qui lui ont fait confiance.
« On a tous très envie de toucher à la perfection même si la perfection n'existe pas. Quand on analyse les matches, il y a forcément ce côté auto-critique qui fait qu'on prend les choses très à cœur. D'autres sont beaucoup plus lisses et arrivent à vite basculer sur autre chose. »
Pourtant, Rémi Lamerat ne veut pas baisser la tête et est prêt à tout donner pour faire briller ses coéquipiers. Comme son ami Gaël Fickou avec qui il compose une tenaille qui peut s'avérer dangereuse.
Leader en puissance
« Avec Gaël on se connait depuis qu'il est arrivé à Toulouse car il est de la génération de mon petit-frère », explique-t-il. « Mon frère m'a toujours parlé de lui comme étant un bon mec. Et puis on s'est rencontré en dehors du rugby, on a accroché. Je trouve que c'est un des joueurs les plus doués de notre championnat. Je l'ai retrouvé ici, (à Marcoussis avec l'équipe de France, ndlr) et ça a permis de renforcer des liens. Aujourd'hui c'est un bon ami et c'est vrai que ça facilite le jeu. Avec lui, ça se fait naturellement. »
Le sélectionneur Guy Novès sait qu'il peut compter sur lui pour coller à son projet de jeu. « En tant qu'individu, il fait partie des jeunes gens qui ont gagné en maturité, en confiance, qui ont un passé plusieurs années avec d'énormes qualités perturbées par des blessures à répétition qui ont freiné son évolution », dit de lui l'entraîneur du XV de France.
"C'est un bon joueur, mais il faut qu'il devienne un grand joueur. C'est l'étape suivante..."
Guy Novès
« Il a été un certain temps perturbé sans trop savoir quelle allait être la suite de sa carrière. Et tout à coup ça s'est déclenché. Il a commencé à récolter les fruits de ses qualités et de son travail, il a été un peu épargné par les soucis et la maturité aidant, il est en train d'atteindre un niveau qui se rapproche des meilleurs. Il sait aussi qu'il a encore un certain nombre de choses à gommer dans la continuité du jeu, dans le déchet... Des petits détails qui font qu'il a encore besoin de progresser pour devenir un grand joueur. C'est un bon joueur, mais il faut qu'il devienne un grand joueur. C'est l'étape suivante. »Un compliment qui n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. « Ça motive ! », sourit-il. « Pour être un très grand joueur aux yeux de Guy ça va être très compliqué ! Il nous dit des choses en off et on les prend en compte. C'est quelqu'un qui connait le métier, alors forcément quand il nous donne des axes de travail et des choses à améliorer on ne le prend pas à la légère. »
Contre l'Irlande, il devrait une nouvelle fois avoir l'occasion de prouver que le staff a raison de compter sur lui.
Source : World Rugby.org

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